La Fondation Farid Belkahia | Biographie
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UN HOMME, UNE ŒUVRE

De la quête de soi et de ses origines à la quête du monde, Farid Belkahia tente de se faire l’interprète d’un être-au-monde particulier; interroger l’être dans son rapport au temps et à la mémoire. Un temps non seulement d’histoire et de culture mais, bien au-delà, un temps ouvert sur l’infini, un temps d’éternité où l’être, abordé dans sa dimension historique, politique et sociale, deviendra peu à peu le lieu d’une interrogation de plus en plus essentielle et qui tendra vers une acceptation et une appréhension de plus en plus universelles. Démarche qui obligera Farid Belkahia à convoquer très tôt les formes primordiales: le cercle, le triangle, le carré, le point, la croix et la flèche. Ces formes, traitées pour elles-mêmes, dans leur dimension géométrique, donneront lieu, tout au long de son parcours, à une émergence symbolique, définissant l’être dans son absoluité et son universalité, en dehors de tout impact de civilisation. “L’être, dans sa vérité première, est le même, quelques soient les cieux qui l’abritent”, nous dit-il. L’être sera alors, dès sa période expressionniste, s’étalant de 1950 à 1965, non pas traqué mais approché, cerné, presque prié d’extérioriser sa douleur. Une fois placé au centre de sa démarche et de son questionnement, l’être va ensuite se signifier par son “malaise dans la civilisation” et sa manière d’être non pas encore au monde mais à la société et au politique.

RAJAE BENCHEMSI

1933

M’Hamed Belkahia, père de Farid, possèdera d’abord un commerce prospère dans les parfums avant de devenir fonctionnaire au Contrôle civil. Il fait partie des premiers francophones et francophiles de sa génération et à ce titre accompagne la délégation officielles des interprètes, lors de l’inauguration de la Mosquée de Paris en 1926.
Il est fortement lié aux peintres Antoine et surtout Olek Teslar (avec lequel il fait un pacte de fraternité), et Jeannine Teslar, avec lesquels il rencontre Nicolas de Staël. C’est là que naît l’union de Jeannine avec de Staël qui se marieront par la suite.
M’Hamed Belkahia épouse Zhor Belcaïd.

1934

Naissance à Marrakech de Farid Belkahia de M’Hamed Belkahia et Zhor Belcaïd.

1936

Installation familiale à Amizmiz, puis à Oulmès, où il passe une partie de son enfance et où naîtra son amour de la nature et une observation accrue des insectes et même des reptiles.

1939

Installation familiale à Azemmour, où il fait son école primaire.

1945

Il entre à l’internat du Collège Français à al-Jadida où il fera la connaissance de Abdallah Laroui qui deviendra un grand historien.Pris de passion pour l’athlétisme et notamment la course, il décide de faire une carrière sportive.

1950

Il fait ses premiers apprentissages de peintre dans l’atelier de Olek Teslar en compagnie du peintre Moulay Ahmed Drissi. C’est de cette période que date, notamment, la Calligraphie, la seule de sa période expressionniste, et son Autoportrait à la cire.

1952

Farid Belkahia annonce à son père qu’il veut devenir peintre. Devant le refus ferme de celui-ci, qui le vouait à des études d’ingénieur agricole, il quitte définitivement la maison familiale sans se présenter à l’examen du baccalauréat.

1953

L’administration du Lycée Mangin trouve à Farid Belkahia un poste d’instituteur à Ouarzazate. Il y enseigne pendant un an et y rencontre Charlie Chaplin dans l’unique restaurant de la ville, mais n’ose pas l’aborder. Des décennies plus tard celui-ci acquerra une oeuvre de Farid Belkahia.
Il participe au Ve Salon d’Hiver du Maroc avec trois peintures à l’huile : Nu, Le Charmeur de serpents, Abstraction.

1954

Il exécute une série de tableaux engagés, sombres et tristes, où il exprime le sentiment de violence éprouvé lors de l’enlèvement de Mohammad V, dont La Veuve et les enfants ou Mohammad V dans la lune.
Sa première exposition à lieu à l’Hôtel de la Mamounia, devant lequel il passait au retour du Lycée et où il regardait Churchill qui s’installait là quelquefois pour peindre l’Atlas.

1955

Il s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris mais est rebuté par le classicisme et l’uniformisation des méthodes d’enseignement. Il s’agrège alors à l’atelier de Raymond Legueult, qu’il ne quittera qu’en 1959, et qui accepte de suivre son travail avec une plus grande liberté et davantage de souplesse.
Toujours très sportif, il est invité à participer au Festival international de la jeunesse mondiale à Varsovie, où il fera sa première exposition. Il court avec Emil Zatopek, avec qui il se liera d’amitié lors de son séjour à Prague et à qui il rendra hommage dans une oeuvre en peau en 1979. Il visite le camp d’Auschwitz.

1956

Indépendance du Maroc. Belkahia fait partie de la délégation des étudiants marocains qui va saluer le sultan Muhammad V au Pavillon Henri IV à Saint-Germain-en Laye, et assiste à l’allégeance historique du Glaoui.
Il participe au VIII Salon d’Hiver du Maroc à Marrakech, au Pavillon Jean du Pac dans le Jnane el Harti, avec trois peintures à l’huile : Le Monde macabre, Les Deux condamnés, La Souffrance.

1958

Tournant identitaire décisif, il réalise un long périple au Moyen-Orient.
Il vend tous ses effets et se rend à Venise, où il embarque à bord du Michelangelo », qui inaugure son premier voyage en Orient, pour aller, nous dit-il, « à la recherche de mes origines culturelles.
Il visite l’Egypte et, fasciné par la culture pharaonique, réalise une série de dessins, intitulée L’Egypte interprétée par Farid Belkahia.
Il se rend ensuite à Baghdad où il fait la connaissance du poète al-Bayati, et de là décide d’aller visiter Jérusalem, ville à laquelle il consacrera de nombreuses oeuvres. Il y rencontre un père chrétien qui était au Maroc et sur son invitation passe son séjour à l’Eglise de la Nativité et fait avec lui le pèlerinage du Chemin de Croix, visite la Mosquée Al-Aqsa et le Mur des lamentations.

1959

Belkahia décide de quitter Paris pour Pragues. Il s’inscrit à l’Académie de Théâtre de Prague et y suit, pendant trois ans, des cours de scénographie. Il y fait la connaissance du grand marionnettiste Jin Trnka et renoue avec Zatopeck. Il fait la connaissance de Louis Aragon et de Elsa Triolet, Pablo Neruda, ou encore Ravy Shankar.
Il participe au X’ Salon d’Hiver du Maroc à Marrakech avec cinq peintures à l’huile : Le Malade, Au bord du Jourdain, Le Cul-de-jatte, Boutique à Jérusalem, Maternité, avec un texte de Jean Orieux pour le catalogue.

1960

Il réalise une immense fresque Sévices, en hommage aux prisonniers dans les prisons françaises d’Algérie. Ainsi que La Chinoise.

1961

A la suite d’une expérience où il se perd dans une forêt dans les montagnes Tatares, il réalise La Forêt, prémisse d’une longue étude sur l’arbre.
Il prend position contre la « Baie des Cochons » et peint Cuba si.
Il épouse, en première noce, Aléna Novotna.

1962

En hommage au Cri de Edvard Munch et pour prendre position contre la pression du gouvernement communiste, il peint Le Cri wac-wac, où apparaît pour la première fois, une main ; la bouche, prise dans le rictus terrible du cri, est enserrée par deux mains, celles de l’artiste lui-même, apposées sur le papier. Cri, de détresse et d’alerte, amplifié par un appel au secours, wac-wac, exprimé dans le vocable vernaculaire du Maroc. Sous l’invitation de Mahjoub Benseddik, il accepte la direction de l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca.
Il rencontre le docteur Marcel-Yves Poirot et son épouse Marie-Antoinette Catanzaro, qui deviennent sa seconde famille. C’est avec eux qu’il se liera d’amitié avec des gens du milieu du spectacle tels que Pierre Brasseur, Catherine Sauvage, Betty Mars, Jacques Brel et Mario Ruspoli.

1963

C’est l’année d’un tournant décisif dans le parcours de Farid Belkahia. Alors directeur de l’Ecole des Beaux-Arts, il prend position contre l’idée coloniale qui soutient que « l’art contemporain au Maroc ne peut être que naïf ». Il rompt définitivement avec la tradition occidentale de la peinture. Il s’enferme et entame le travail sur le cuivre. Commence alors une réflexion, qui ne le quittera plus, sur le rapport entre la tradition et la modernité. Il en viendra à dire : «La Tradition est le futur de l’homme».
C’est aussi l’année d’un événement historique dans l’histoire de l’art contemporain au Maroc ; l’exposition Rencontre internationale des artistes. Naïma Khatib, alors directrice des Musées du Maroc, initie l’idée d’une exposition internationale d’art contemporain à Rabat, au Musée des Oudaïa, et à Marrakech. L’exposition actuelle a été organisée dans une double intention tout d’abord affirmer l’existence et la personnalité de la peinture marocaine, d’autre part, inviter les artistes étrangers les plus connus, à présenter leurs oeuvres sur les mêmes cimaises, pour faire de fructueuses comparaisons entre toutes les tendances et toutes les écoles actuelles.
Le poète et écrivain Mustapha Kasri publie une monographie sur Belkahia où il écrit : « Ses thèmes favoris étaient les bidonvilles, la misère des pauvres, l’inégalité sociale dont il sentait profondément l’injure et sur laquelle il crachait à sa manière dans des tableaux sombres et tristes à mourir : des mendiants, des infirmes, des orphelins, des paralytiques, des filles de nuit. Il ne pouvait qu’exprimer par sa palette la profonde douleur de son âme, devant tant de souffrance. Si un jour la peinture marocaine devait occuper sa place dans l’arène de la peinture universelle, ce sera grâce un peu à ce jeune pionnier et au message amical qu’il dépose humblement sur le parvis de l’autel humain.»

1964

Il visite le Sénégal, la Côte-d’Ivoire, le Dahomey, le Niger, le Nigéria et le Mali. Dans le cadre du festival international Terres des hommes, à Montréal, il fait le décor d’un spectacle d’art populaire, IzIane. A la demande du directeur du théâtre, Marlène Dietrich chantera au milieu de ce décor.

1965

Il part pour un an à Milan où il suit les cours de l’Accademia di Brera.
Il vit à Sesto San Giovani où un capitaliste décide de défier les communistes d’alors et construit des logements économiques pour les ouvriers, et réserve tout un plan de ses bâtiments à des artistes. Il ouvre une cantine au rez-de-chaussée et inaugure une pratique de troque qui permettra à de nombreux artistes en difficulté financière, dont Belkahia, de loger et de manger en échange de dessins et de peintures. Il devient collectionneur et, des années plus tard, Belkahia réunit tous les peintres de cette période à Milan, tous heureux de retrouver et de revoir leurs oeuvres.
C’est lors de ce séjour en Italie que Bekahia se lie d’amitié avec les peintres Castellani, Kounellis, Bonalumi et Fontana.

1966

Première exposition des oeuvres en cuivre ; les gens sont consternés et vivent cela comme un affront. Il participe à la fondation de la revue Souffles.

1968

Il part pour un long voyage ; il visite d’abord le Ghana, puis les Etats-Unis avec son ami Tayyeb Seddiqi, grand homme de théâtre.

1969

Il organise une première expérience de l’art dans la rue avec une exposition sur la Place Jamaa al-Fna à Marrakech, qui fait date dans l’histoire de la peinture contemporaine au Maroc. Il visite le Pérou et réalise des dessins sur le Machu Picchu, puis le Mexique où il est impressionné par le patriotisme des galeries quant à leur rapport aux peintres mexicains. Il est également fasciné par les similitudes qu’il rencontre entre la culture Inca et celle des Berbères du Moyen-Atlas au Maroc. Il passe des vacances avec César et assiste aux premières constructions à Cabo Negro de son ami Frédéric Chauvelot, ancien aide de camp du général Charles de Gaulle, passionné d’architecture.

1970

Toujours dans le but d’offrir une expérience internationale aux étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca, il invite des artistes tels que Dimitrienko, César et Lurçat.

1972

Invité du State Departement aux Etats-Unis pour six mois, il visite de nombreuses institutions d’art et est impressionné par le MIT.

1973

Sous la pression que lui fait subir la Municipalité de Casablanca, dont dépend l’Ecole des Beaux-Arts, il commence à songer à présenter sa démission. Il participe à l’exposition Les peintres maghrébins à Alger. Il quitte l’atelier de Oulad Haddou et s’installe dans un appartement d’architecture coloniale, au 103 du Boulevard de la Résistance à Casablanca.

1974

Pour des raisons politiques de plus en plus dures, il démissionne de la direction de l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca. « Je me sentis comme en deuil — nous dit-il — mais libre. »
Il part pour le Portugal où, pendant la Révolutions des ceillets, il loue un atelier et s’exerce à la technique de la gravure avec son ami, le peintre et graveur, David de Almeida. Etrangement, il interrompt tout de suite après sa démission l’expérience du cuivre et expose, pour la première fois, à la Galerie Structure BS à Rabat, son nouveau travail. Véritable rupture avec l’art dans sa tradition occidentale, cette exposition ne rencontre que consternation et déception. Il ne vendra aucune oeuvre.
Il entre dans une période de grosse difficulté financière, mais non seulement ne cède pas, mais, intérieurement, il décide de le leur faire payer ; des décennies plus tard, lorsque des collectionneurs voudront acquérir des cuivres, il s’y opposera en disant : « Qu’ils pensent un peu à la période de vache maigre qu’ils m’ont fait subir I Maintenant je n’ai plus besoin d’eux. »

1975

Deuxième grand tournant de son parcours : il s’enferme de nouveau pour explorer un nouveau matériau, la peau.

1976

L’Association des peintres lui organise une exposition itinérante à Rabat, Fès et Meknès. Avec d’autres peintres qui avaient participé à la Biennale arabe à Baghdad, la Palestine ne pouvant pas recevoir la Biennale arabe sur son territoire, les artistes marocains décident d’accueillir cet événement pour et au nom de la Palestine. Quelques semaines avant l’exposition, le Ministère de la Culture s’accapare le projet. Farid Belkahia, offusqué par de telles attitudes, refuse de participer et retire ses oeuvres.

1977

Il passe trois mois aux Caraïbes, les îles Grenadines, la Martinique, la Guadeloupe, Haïti et observe longuement la transe dans la tradition du vaudou.

1978

Invité pour les Jeux olympiques de Séoul, il réalise une grande sculpture pour le parc des expositions. Il voyage à l’intérieur de la Corée en compagnie d’une troupe de théâtre coréenne et rencontre de nombreux « trésors vivants », notamment des marionnettistes et des peintres de temples bouddhistes.
Création du Moussem d’Assilah. Avec Muhammad Benaïssa et Muhammad Mélihi, ils décident de fonder un festival, le Moussem d’Assilah, convaincus que l’art et la culture peuvent ètre à l’origine de la réhabilitation d’une ville médiévale, devenue pauvre et insalubre. Une première opération fera date au Maroc où la ville offre ses murs aux peintres. Belkahia y peindra un mur en collaboration avec les enfants du quartier.
Devenu une institution culturelle, le festival se dote très vite d’un centre culturel avec une grande salle d’exposition où exposeront tous les grands peintres marocains et arabes, mais aussi espagnols ou autres, tels que Fromanger, Corneille ou David de Almeida, et d’un atelier de gravure dirigé par Omar Khalil.
Belkahia organisera de manière privée, dans une maison qu’il acquiert très tôt, une sorte de festival. Il y recevra, notamment Farid Sabry, le grand chanteur de Kawali, le groupe Nas al Ghiwane, le grand flutiste iraquien Mounir Bachir. C’est aussi là qu’il organisera de nombreuses veillées de gnawa avec le maître Sam, l’un des plus importants au Maroc.

1979

Le premier ministre, Karim El-Amrani, alors PDG de l’Office chérifien des phosphates, fait construire un des premiers grands bâtiments d’architecture résolument moderne et invite Belkahia à concevoir un travail spécifique pour cet espace immense. Il fait appel à de nombreux peintres dont Mélihi, Slaoui, Meghara, Miloud, Miloudi, El-Hamidi, Chatia, entre autres.
Outre de nombreuses oeuvres il réalise une fresque en peau de 36 m2 et des tapisseries où pour la première fois il mélange laine et cuivre.
C’est aujourd’hui l’une des plus grandes collections d’art contemporain au Maroc.

1980

Fasciné par un arbre sur un terrain quasi désertique à la Palmeraie de Marrakech, un pistachier de l’Atlas plusieurs fois centenaires, il décide d’acquérir ce terrain et demande à son ami, l’architecte Abderrahim Sijelmassi, de lui construire une maison en terre.
Il rencontre à cette même période le grand architecte égyptien Hassan Fathi, à qui il fait part de son projet et qui l’encourage.

1981

Il entame une longue étude sur le Malhun, poésie courtoise et médiévale du Maroc, série conçue en trois ensembles de sept tableaux divisés en bsat: à la fois maqam musical et espace du déploiement de la passion amoureuse. Tous rectangulaires, leur structure interne et externe se fait l’écho de l’exigence narrative qui se déroule en « stances ». Les formes, sensuelles et lyriques, sont soumises à un mouvement de fascination, en quête de l’unité amoureuse originelle.
Pour la première fois, des artistes marocains sont invités à un concours de sculpture sur glace au Canada. Avec Hassan Slaoui ils y participent et remportent le premier prix avec une oeuvre qui s’intitule Métamorphose.

1984

Il travaille à l’atelier de gravure d’Assilah.

1985

Exposition Vingt cinq ans de dessins à la Galerie Alif Ba à Casablanca, dirigée par le peintre Tallai, fils de Chaïbia qui, à cette même période, réalise un portrait de Farid Belkahia avec qui elle est très liée.

1986

Sous l’invitation de Jean-Louis Larguier, il expose à la Maison des Cultures du Havre, où il rencontre Raoul Ruiz qui décide de faire un film sur lui.

1987

Raoul Ruiz réalise le film Paya et Tala, une visite chez Farid Belkahia, dans sa maison de Marrakech, déjà construite mais non encore habitée.

1988

Il participe à l’exposition Peinture contemporaine marocaine à Bruxelles, Ostende et Liège et y fait la connaissance de Jean-Pierre Vantighem qui écrit un texte sur lui.

1989

Il décide d’aller vivre à Bally et s’y rend pour y préparer son installation, mais quelques mois plus tard il fait la rencontre de Rajae Benchemsi et renonce à ce projet.

1990

Il épouse Rajae Benchemsi en seconde noce et s’installe dans sa propriété de Marrakech, où il construit un immense atelier.

1991

Il participe à l’exposition Quatre peintres du Maroc, à l’initiative de Brahim Alaoui, alors directeur artistique de l’Institut du Monde Arabe à Paris. Il joue dans le film La Nuit sacrée, tiré du roman de Tahar Ben Jelloun.

1992

Il participe à une exposition consacrée au dessin à la Galerie al Manar de Casablanca.

1993

Naissance le 14 avril de sa fille Fanou, du nom d’une princesse guerrière almoravide.
Il participe à l’exposition Peintres du Maghreb dans différents musées en Espagne.

1994

Nommé commissaire pour l’exposition Rencontres africaines à l’Institut du Monde Arabe à Paris, il fait de nombreux voyages en Afrique pour le choix des artistes originaires de l’Afrique noire, et notamment le Kenya et l’Ethiopie.
Sous l’invitation de Yasser Arafat et Shimon Pérès, dans le cadre des accords de paix, il fait partie de la délégation des artistes et écrivains arabes, avec notamment Tayyeb Saddiqi et Abdelkrim Khatibi, pour le voyage en Israël.
Il participe à l’exposition Rencontres africaines à l’Institut du Monde Arabe à Paris.

1995

Exposition à la Fondation Darat al-Funun à Amman, où le peintre iraquien Shaker Hassan fait le voyage de Baghdad, alors en guerre, avec tout un groupe d’étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts pour voir l’exposition et rencontrer Belkahia qui leur parlera de ses expériences en Iraq.
Il représente le monde arabe à l’exposition organisée à l’occasion du cinquantenaire des Nations Unies à Genève, où il expose une série de quatre triangles sur le thème La dignité de l’homme et non les droits de l’homme. Il y fait la connaissance de l’artiste indien Jo Ben et y recevra à son pavillon le président Jacques Chirac.
Exposition à la Tate Gallery de Liverpool où il contraint la commissaire, Judith Nesbit, à peindre la salle d’exposition en noir pour les besoins de l’ceuvre.

1996

Il entame une nouvelle étude sur le Malhun.

1997

Il perd une fille à la naissance et réalise à sa mémoire une grande peau circulaire, L’Ange bleu.
Sous l’invitation de Adelina von Fürstenberg, il participe à l’exposition Méditations à la Medersa Ben Yussuf de Marrakech avec notamment les peintres Rosenberg, Sol LeWitt, Anish Kapoor, ainsi que de nombreux poètes. L’art contemporain n’aura jamais voisiné d’aussi près avec l’architecture et les arts islamiques.

1998

Il participe à l’exposition Artistes africains au Musée Tobu à Tokyo, à l’exposition Mediterranea au Musée de l’Hôtel de Ville à Bruxelles et à l’exposition Autour du foot à la Galerie Enrico Navarra à Paris.

1999

Exposition au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Nice, alors sous la direction de Gilbert Perlein.
Exposition au Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie à Paris, alors sous la direction de Jean-Hubert Martin qui accepte de peindre en noir une des salles d’exposition.
Il participe à l’exposition Modernités et mémoires. Peintres musulmans, à Istanbul.
Il réalise une nouvelle étude sur le Malhun.

2000

Il participe à la Biennale de Lyon sur l’invitation de son commissaire, Jean-Hubert Martin.

2001

Exposition au Musée de Marrakech, dans une architecture islamique.

2002

Il fréquente le salon littéraire Diwan al Adab de Jaafar Kensoussi à Marrakech et y rencontre Ahmed Tawfik, ministre des Affaires Islamiques, Chawqi Binebine, conservateur général de la Bibliothèque Royale de Rabat, Abdelilah Benarafa, écrivain, Abdelali Elamrani Jamal, philosophe, Hamid Triki, historien, et des hommes de la tradition tels que le théologien Abdellatif Tebaa ou l’écrivain Ahmed al Kholassa. Il découvre avec eux un univers intellectuel qu’il n’avait jamais connu, où il est toujours question de la pensée arabe et islamique et notamment du soufisme.

2005

Exposition La Dérive des continents à l’Institut du Monde Arabe à Paris; l’exposition, qui se passe dans des salles entièrement noires, est un hommage au géographe arabe du XI’ siècle Sharîf al-ldrîsî, et une prise de position politique sur la violence que l’homme exerce sur la terre et sur certains pays ravagés par la colonisation.

2006

Exposition à la Galerie Bab Rwah à Rabat.

2007

Il participe à une exposition au British Museum à Londres. Exposition à la Galerie Le Violon Bleu à Tunis.

2008

Exposition à la Matisse Art Gallery à Marrakech. Exposition de dessins à Dar Cherifa à Marrakech, dans une architecture médiévale du XV. siècle. Il participe à l’exposition Maroc à la Fondation Armando Alvarès Penteado de Sào Paulo au Brésil. Biennale de Marrakech. Il participe à une exposition au Musée Lentos à Linz, Autriche.

2009

Il réalise de nombreuses maquettes de sculpture en acier Corten.

2010

Exposition à la Galerie Venise Cadre à Casablanca.

2011

Exposition de cuivres, qu’il n’a plus exposé depuis plus de vingt ans, à la Galerie Delacroix à Tanger.
A l’occasion de l’inauguration du Musée d’Art Contemporain Mathaf de Qatar, une salle lui est réservée et il réalise pour cela la sculpture The Doors of lnfinity.

2012

Il participe à l’exposition Dessins à la Galerie 21 à Casablanca.

2013

Exposition L’Atelier de Farid Belkahia, avec une scénographie de Michel Delis, à la Galerie 21 à Casablanca.

2014

Farid Belkahia est mort à Marrakech le 25 septembre 2014