Farid Belkahia

« Farid Belkahia » par Rajae Benchemsi. Editions Skira, Paris, 2013. Edition bilingue français-anglais, 208 pages.
Figure emblématique de l’art contemporain au Maroc, Farid Belkahia a mené dès les années soixante une expérience artistique fondamentale et un travail de réflexion approfondi sur les nouvelles voies d’accès à la modernité. Il décide d’abandonner la pratique de la peinture de chevalet en 1965 et élabore une œuvre originale qui s’articule autour d’une interrogation sur son identité et son rapport à “l’autre”. Il revisite la mémoire du patrimoine marocain et de ses traditions artisanales et explore les potentialités de ses savoir-faire. Il commence par l’expérimentation de nouveaux supports comme le cuivre, qu’il martèle, brûle, oxyde, découpe et froisse jusqu’à en faire jaillir d’emblématiques empreintes, des compositions en bas-reliefs ondulés, souples et rythmés. Farid Belkahia opte ensuite en 1974 pour le travail sur la peau d’agneau qu’il tanne. Assouplit. Affine tel un parchemin qu’il étire sur des fonds de bois aux découpes totémiques. Elle devient le réceptacle où vient s’inscrire un langage plastique, sexuel, métaphysique et rituel du corps, oublié ou censuré, et que Belkahia replace dans une problématique contemporaine. L’auteur Rajae Benchemsi se livre dans cette monographie à une analyse subtile du cheminement de l’artiste et des mobiles et destinées de ses créations. Elle y révèle son univers aussi bien contextuel qu’intime et met en relief les contours d’une œuvre personnelle qui s’est toujours tenue éloignée des systèmes unificateurs. Cette œuvre singulière, qui affirme la puissance du mythe et de l’imaginaire, nous rappelle que la modernité est multiple et que la création est avant tout un langage individuel et un acte de liberté.

Farid Belkahia

« Farid Belkahia » par Rajae Benchemsi, préface de Jean-Hubert Martin. Editions Venise Cadre, Casablanca, 2010. Edition bilingue français-anglais, 200 pages.
Le livre regroupe l’œuvre de l’artiste, son parcours artistique et un clin d’œil à sa biographie. Préfacé par Jean Hubert Martin, conservateur général du patrimoine de France, l’ouvrage est un véritable hymne à la peinture marocaine. Les textes de Rajaâ Benchemsi permettent aux professionnels, mais aussi aux néophytes de découvrir une œuvre exceptionnelle. Son originalité réside dans une approche qui puise dans ce qui est authentique et naturel, une manière d’appuyer sa différence. Henné, cuir, référents du terroir, donnent à l’œuvre un cachet particulier « A la toile il substitue la peau d’agneau, s’inspirant de l’artisanat marocain, Il trouve ses références dans la céramique et le zellige. Les matériaux portent en eux leur mémoire et réveillent des émotions épidermiques pour qui sait pénétrer dans une culture fut-elle étrangère », écrit jean Hubert Martin, conservateur général du patrimoine de France, dans la préface du livre. En effet, « l’œuvre de Farid Belakahia est un des rares exemples de réussite où la fécondation de la culture traditionnelle a fait germer l’invention de nouvelles images enracinées dans notre réalité globalisante » Outre une technicité et des référents particuliers, Farid Belkahia a su incontestablement élever son art grâce à une longue expérience, entamée depuis son jeune âge. C’est dans l’atelier de Olek Teslar, un ami de son père que Farid Belkahia fera son apprentissage de la peinture. Dès l’âge de 15 ans, l’artiste produit ses premières toiles, qui vont constituer la trame de sa période expressionniste. De Paris à Prague, l’artiste a développé une approche picturale qui se veut en rupture avec les tendances de l’époque. Au fil du temps, son œuvre sera ponctuée par une série de questionnement s’articulant tous, d’une manière ou d’une autre, autour de la mémoire. Les travaux de Belkahia mettent en relief « un langage de l’évidence qui vient à la rencontre d’une mémoire lointaine et qu’il reconnaît. C’est là, dans ce sillage que le travail de Belkahia est à déchiffrer dans une acceptation métaphysique ». Ses œuvres convoquent des écritures anciennes qui se dévoilent comme des miroirs de la mémoire. Enfin Farid Belkahia est non seulement un artiste peintre, mais un chercheur qui sillonne le monde tentant d’apporter des réponses à un certain nombre de questionnements, à travers la découverte de diverses civilisations, cultures et ethnies.

Mathaf Farid Belkahia

Le musée Mathaf Farid Belkahia sera inauguré le vendredi 12 février. L’espace, situé à Marrakech, abritera une exposition durant toute une année.

C’est fait. Le musée «Mathaf Farid Belkahia» est prêt. L’établissement sera inauguré le vendredi 12 février 2016. Le Musée abritera une année durant une exposition qui retrace les différentes périodes et influences artistiques de son œuvre, avec un large aperçu sur ses multiples expressions artistiques et la variété des supports et matériaux qu’il a utilisé́s tout au long de sa carrière.

Créée en mars 2015 et consacrée au rayonnement de l’œuvre de Farid Belkahia, la Fondation éponyme organise également dans la journée du samedi 13 février 2016 à Marrakech un colloque international sous le thème: «Farid Belkahia dans l’histoire de l’art et les musées: état des lieux et perspectives».

Farid Belkahia, un des fondateurs de l’art moderne et contemporain et icône de la révolution culturelle au Maroc, a marqué la scène artistique en axant sa recherche sur le rapport entre tradition primordiale et modernité notamment à travers les signes universels.

Décorations royales de la Fête du Trône

Sa Majesté le Roi Mohamed 6 décore l’artiste peintre feu Farid Belkahia représenté par sa femme Raja Benshemsi fondatrice et présidente de la Fondation Farid Belkahia.

CRÉATION DE LA FONDATION FARID BELKAHIA LE 28 MARS 2015

Une pléiade d’intellectuels, d’artistes et de représentants d’institutions culturelles se sont rencontrés, samedi à Marrakech, pour annoncer la création de la Fondation Farid Belkahia, une initiative pour perpétuer l’œuvre d’un artiste hors pair et un pionnier de l’art contemporain au Maroc.

Lors de cette annonce officielle étaient présentes de nombreuses personnalités du domaine culturel, dont Brahim Alaoui historien d’art et commissaire d’exposition, Michel Gauthier conservateur du patrimoine au Centre Pampidou , Alexandre Kazerouni politologue et spécialiste de l’art contemporain dans le monde arabe , Jack Lang ministre de la culture en France ainsi que président de l’institut du monde arabe à Paris , Jean Hubert Martin commissaire d’exposition et ex directeur du centre George Pampidou , Mourad Montazami commissaire chercheur à la Tate Modern Gallery de Londres , Mehdi Qotbi directeur de la fondation des musées du Maroc ainsi que Hamid Triki historien et spécialiste du patrimoine marocain.

La Fondation Farid Belkahia se propose de perpétuer le rayonnement de cette œuvre en axant son travail sur la visibilité des créations de l’artiste à différentes périodes de sa carrière.